EDITO

Cigéo : enterrer une bombe à retardement ?

Bon, même si l’Andra fanfaronne, clamant que la prochaine étape c’est le lancement de ses premiers travaux, y’a vraiment pas de quoi !

De moins en moins de gens sont convaincus, loin de là, des élus locaux commencent à exprimer du mécontentement.?Et c’est sérieux. Les trois rapports d’instruction de la demande d’autorisation de création de Cigéo (DAC) viennent d’être rendus par l’Autorité de sûreté et de radioprotection nucléaire (ASNR).?Elle relève plein de trous dans la raquette, de quoi dormir toujours moins tranquille.?
L’astuce du lobby nucléaire c’est de faire croire que l’Andra saura tout résoudre, mais problème, seulement lorsqu’elle aura eu l’autorisation de défoncer le territoire en construisant la totalité des infrastructures lourdes de Cigéo.?
Quarante premiers kms de galeries et d’alvéoles accueilleraient des déchets à haute et moyenne activité à vie longue, histoire d’expérimenter et de voir ce qui se passe.

Résultat : des milliards engloutis, deux départements ruraux, colonisés et condamnés sur l’autel du sacro-saint nucléaire, aucune assurance que ça va marcher et une première mondiale. La France a inventé le concept du giga-projet industriel avec approche « itérative ».?Comprenez : l’Andra serait autorisée à créer, tester et réviser jusqu’à ce qu’elle soit satisfaite du résultat final. Plus fumeux que cela ! Et si c’est raté, on en fait quoi de ces déchets, vu qu’il n’y a pas de plan B ?

En attendant, rien n’est joué, il n’y a pas déchets radioactifs à Bure, à nous de refuser qu’ils y arrivent. Une - petite - partie de la classe politique est lucide quant à la dangerosité de ce projet, comment convaincre plus largement qu’il faut abandonner impérativement et la construction de Cigéo et l’absurde plan de relance du programme électro-nucléaire.?
Mini ou méga, les réacteurs dont le gouvernement actuel veut parsemer à nouveau le pays, restent nucléaires et produisent des déchets ingérables par nature.?Comment faut-il le dire ? Et si on commençait à penser aux intérêts des générations à venir ? Notre legs radioactif est d’une toxicité difficile à regarder en face. Les pays nucléarisés le minimisent en tentant de faire croire que l’escamoter sous terre est une solution pour faire une barrière entre le vivant et leur dangerosité quasi éternelle. Illusion.

Le chercheur et activiste Sabu Kohso, étendait en 2018 la notion de « communs négatifs » à tous « les déchets ne pouvant être recyclés ». Selon lui, « plus les sociétés capitalistes se développent, plus elles perdent leur capacité à recycler ce qu’elles produisent en excès (...). Et, parmi ces multiples résidus produits par le développement industriel, la contamination radioactive constitue, selon lui, le « commun négatif ultime », puisque irréversible. Pour Alexandre Monnin, philosophe, « l’exemple le plus emblématique est celui des déchets nucléaires de haute activité et à vie longue que l’on s’apprête, en France, à enfouir à 500 mètres de profondeur. Sans savoir de quelles façons on pourra prévenir du danger les populations.(Le Monde, 07/12/2022).?

Stop ou encore ?

INFO BURE SEPTEMBRE 2025